Comment j'ai chopé le virus...
Publié le 13 Mai 2014
Je retombe un peu par hasard sur un billet posté sur le Forum dédié à la pêche à la mouche.
Cela date un peu,
"Voici mon histoire.
Le réel coup d’envoi est parti d’une promesse ! C’est bizarre, ça faisait quelques années que je voulais me lancer, mais c’était difficile de faire le premier pas : Étudiant, les premiers investissements financiers que cela comportaient et aussi, peur de n’être pas à la hauteur pour franchir cette montagne fictive érigée devant moi qui était la difficulté technique de cette pêche.
Eh oui, c’est en cours de viticulture à Montpellier que ça s’est passé ! Fervent de pêche à la mouche, et ayant fait un bref passage dans le Jura au début de sa carrière, notre professeur de viti de l’époque, Jean-claude Cloup (s’il passe par-là, il se reconnaîtra), nous parlait parfois de pêche dans ses illustres parenthèses qui fragmentaient ses cours magistraux : « Gaël, quand te mets-tu à la mouche ? C’est la plus belle des pêches. ». Ce dont j’avais répondu :« Cette année, je vous le promets ! ». Et voilà c’était fait ! Je n’avais plus que le choix de me jeter à l’eau !
Bien sur pour moi la pêche a commencé à l’age de 4ans et demie (c’est important à cet age là) avec mon grand-père. De la pêche des petits blancs en rivière à la pêche de la truite au mort-manié, les années sont passées. Commençant à un peu mieux m’en sortir (lecture de la rivière, prises du poisson un peu plus fréquentes), tuer le poisson n’a, seulement à cet instant là, plus été une évidence. Je me suis alors largement penché sur, et inventé des méthodes de pêche me permettant de pouvoir relâcher mon poisson dans les meilleures conditions.
Et c’est pour cette raison et à ce moment précis où j’ai voulu me mettre "à la mouche". Ce fut cette motivation là qui a déclenché le premier pas vers cette technique qui me paraissait si compliquée.
Il est évident que la beauté du geste de cette pêche, le film de Redford, les sublimes images croisées dans les magazines et documentaires m’avaient déjà titillé les neurones. D’autant que la rencontre au sein de mon village d’un fidèle pêcheur de la Valouse, qui n’avait d’égale amour pour cette pêche que celui de sa(notre) rivière, sa maison et bien sur sa femme, n’a fait que renforcer la chose.
C’était ce qu’on appel aujourd’hui une ancienne main qui avait connu l’age d’or et l’essor de la pêche à la mouche en France, l’apparition du premier groupement sportif de pêche à la mouche (à Lyon), TOS,… La pratique de la pêche en sèche et en noyée comme seule possibilité, canne Peson et Michel Skish en bambou refendu et moulinet automatique Shakespeare comme seuls instruments pour battre le tempo.
Ce qui m’a toujours fasciné chez lui, c’est son amour pour la perfection. Je suis convaincu que sa motivation pour la pêche à la mouche résidait quasiment uniquement dans l’esthétisme, le dévouement et le perfectionnisme que cette technique demandait ! La beauté des belles choses et du raffinement, c’était, au départ, un paradoxe pour moi, dans ce village rempli "d’imbéciles heureux qui sont nés quelque part" ; D’ailleurs encore perçu par certains comme un nouveau, un "éstranger", après 40ans de vie dans cette commune !
Cette rencontre s’est très rapidement métamorphosée en une amitié plus que fusionnelle qui s’est stoppée physiquement, il y a un an par son départ brutal.
Autant, aujourd’hui, lors de chacune de mes prises, j’ai une pensée pour mon père et mon grand-père partis trop tôt. Autant chaque moment passé au bord de l’eau, chaque instant passé à penser aux rivières et à la pêche (et dieu sait qu’il y en a !) et chacune de mes contributions dans le milieu associatif, c’est avec la mémoire de François que ça se passe.
Voilà la pêche à la mouche, c’est avant tout une passion partagée avec des Hommes."
