Pêche en Binôme à trois

Publié le 11 Avril 2013

« Qu’est ce que c’est que ce titre ! Ça y est Gaël a fondu un fusible ! »

Lecteur, ne vous inquiétez pas, je n’ai pas l’habitude de laisser en suspens un intitulé aussi énigmatique.

En fait ce titre Van Dammien, préfigure simplement le pied que l’on peut prendre en pêchant à deux. Un binôme qui se connaît bien, qui a l’habitue de pêcher ensemble et qui se guide mutuellement sur des actions de pêche qui ne peuvent se faire seul. Un peu à l’image du duo mythique de Morillas/Boisson ou plus récemment Alex/Julien.

Et le troisième, il est où ? Le troisième "nôme" pourrait être simplement la confiance réciproque. Mais j’avais plutôt pensé à la tôtoche qui se trouve à l’autre bout du fil (Allo quoi ? Non mais la tôtoche, quoi ! Non mais à l’eau).

Tout ça pour ça !

Pour imager ceci et de façon anachronique, je commencerai par la fin de notre sortie où, pour certaines raisons nous n’avions que ma canne et une boîte de nymphes avec nous.

La visibilité était très mauvaise, mais sur une gravière je discernai une forme qui, il me sembla t’il, se déplaçait ponctuellement de façon latérale.

« Prend ma canne, Adrien c’est à toi ! Place-toi là. Essaie de faire un posé au niveau de cette pierre à 2 mètres du bord.»

1er posé :

«- Nickel !

- Tu déconnes !?!

- Non. Pile dans l’axe du poisson. Prépares toi ; anime légèrement là…..Ferres !

- Tu te fous de ma gueule ?

- Ben non. Malgré la mauvaise visibilité, elle s’est déplacée et je t’ai dit de ferrer quand j’ai pensé le moment propice. Ça a été soit trop tard, soit trop tôt car tu étais dans le bon timing… T’imagine le kif si elle était au bout ! »

Vous voyez le délire ! D’autant que cet après-midi avait déjà eu son lot de complicités halieutiques…

Comment ça a commencé ? Ah oui. Je passe sur une splendide truite à la robe bien zébrée qui s’en est allée capricieusement après 3 ou 4 passages. Pourtant j’étais bien guidé par mon acolyte.

Alors que jusqu’à là, nous nous relayions à qui passe devant, une berge un peu plus escarpée nous fit changer de stratégie.

Adrien prenant un peu de recule par rapport à la berge et, du coup un peu de hauteur, ouvrait la marche avec une attention toute particulière sur la bordure. Moi, derrière, je longeais l’eau avec un autre angle de vue, scrutant plus particulièrement le milieu de la rivière avec toujours un œil en aval au cas où un poisson remonterait.

La stratégie s’avéra payante.

Un "petit" poisson fut repérer par Adrien. Le long de la bordure il descendait directement sur moi.

Après quelques instants d’observation, j’envoie mon Alezane.

« C’est trop tôt ! Qu’est ce que tu fais ? »

J’explique alors à mon compère que je pose la nymphe, trop lestée pour ce poste, au fond et tente d’attirer l’attention à l'ascension.

La truite continue lentement son parcourt. Puis dépassant Adrien qui surplombe bien la berge, accélère sur un bon mètre.

Persuadé que cette demoiselle l’avait capté, Adrien était certain de l’échec. Le poisson, alors, ouvrit la gueule. Ferrage et pendu !

« Mais qu’est ce qu’elle est con c’te truite ! »

Ce qu’Adrien n’avait pu percevoir c’est que j’avais décollé la nymphe du fond et entamé une progressive remontée vers la surface. Ce qui avait, tel un aimant, attiré la truite. Elle s’en saisie alors que j’entamais de petites animations saccadées.

Pêche en Binôme à trois

Pas le temps de changer de nymphe et pas eu le temps non plus de passer la canne à Adrien, forcé de sauter son tour car une truite d’un beau gabarit m’arriva droit dessus. Pas le temps non plus de réfléchir, j’envoie la nymphe. Je ne sentais pas la présentation : le lestage de la mouche était trop important pour ce secteur sans courant. Pourtant la truite se déplaça franchement à ma légère animation. A quelques centimètres, elle entrouvrit la gueule et la referma aussi tôt pour entamer un volte-face nonchalant ! D’ailleurs, j’ai pu apercevoir, la silhouette de ma nymphe sur la joue de la mémère quand elle entama son demi-tour. Frustration partagée !

Pourquoi de nouveau c’était encore moi qui avais la canne en main ? Je ne me souviens plus. En tout cas Adrien, aux avants-postes, avait repéré ce poisson. Et une fois de plus c’est dans ma direction qu’il se dirigeait. La visibilité n’étant vraiment pas optimale, je crus d’abord à un chevesne ce qui me valut de basses moqueries.

Ce coup-ci, la présentation était meilleure et la nymphe (une cuivre) du goût de ce Cheucheu travesti en robe à pois.

Combat viril, faut dire que quand il n’y avait rien à craindre, je laissais dérouler faisant confiance au frein du moulinet. Un 12 centièmes reste un 12 centièmes !

D’ailleurs pendant un rush une grosse mémère qui faisait bien un décimètre de plus que le poisson attelé est venue le pourchasser. Certainement pour défendre son territoire.

Pêche en Binôme à trois

Sans épuisette l’échouage se fit dans une goulotte naturelle, là où elle put reprendre ses esprits.

La suite et fin de la partie de pêche vous la connaissez.

En définitif, vu le nombre d’heures où nous avons pu pêcher ensemble depuis toutes ces années, il n’y a eu que peu de sorties vraiment fastes où la réussite était avec nous. Mais ça fait rien, la complicité est là. On se connaît bien. Et quand le moment se présentera, on sera prêt et ça le fera !

Message perso pour Adrien : Ça me fait chier de ne pas être de la partie la semaine prochaine. J’attends de pied ferme ton retour pour que tu nous fasses briller les yeux avec, photos à l’appui, vos histoires de pêche en terre (ou plutôt mer) malgache. Fais p’ter la carte SD !

Rédigé par Gaël DELORME

Publié dans #peche

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