Sacré Albert

Publié le 16 Octobre 2012

Sacré Albert

Cet article sera le dernier de la série "flash-back" tiré d'ici

Le 29/08/2012 Haute rivière d'Ain - Jura (39)

C'est pas souvent que je viens vous conter mes récits de pêche. Ce ne sera pas le cas encore cette fois ci...

En fait, la fin de saison approchant, dans ma tête gamberge le bilan de celle-ci. Il est indéniable que dans notre loisir on avance par palier. Cette année je penses en avoir passé un.

Je savais que mes sorties étaient comptées donc je me suis appliqué à chaque instant: pêcher du mieux que je pouvais, écouter les conseils des autres pêcheurs, me remettre en cause, encore plus qu'accoutumé. J'ai réellement avancé. A tel point que mes prises sur des secteurs difficiles sont maintenant plus régulières.

Je ne mettais pratiquement plus les pieds sur la haute rivières d'Ain passé le mois de juin. Les poissons me paraissaient inaccessibles.

La période estivale sur ces parcours particulièrement fréquentés était synonyme, à l'approche de mes imitations, de départ à toutes jambes des truites s'il fallut qu'elles en eussent.

Aujourd'hui je n'ai plus l'appréhension de les affronter.

Eh oui, il est des moments où le pêcheur est satisfait de ce qu'il a accompli. Tout comme cette truite difficile de fin août qui avait quelques dizaines de minutes auparavant refusé mes plus belles imitations et présentations quasi-parfaites et qui, comme pour narguer le pêcheur s'était remise à table de plus belle: nymphes, émergentes, elle ne laissait pas passer beaucoup d'en-cas.

La solution n'était peut-être pas de pêcher sous la surface. C'est sûr, elle avait déjà du voir un sacré paquet de nymphes de toutes sortes et s'y était certainement piquée les lèvres.

Quelques petites éphémères claires s'envolent ça et là des veines d'eau assez soutenues. C'est justement en queue d'une de ces veine que mademoiselle est attablée.

Un tout petit cul de canard gris avec un corps en dubbing beige de lapin est soigneusement noué à mon fin bas de ligne.

Posé très en amont et très détendu afin d'éviter tout dragage qui couperait court à la situation.

La truite quant à elle continue son cinéma. Elle se déplace sans parcourt régulier. Quelques présentations se sont succédées sans pour autant passer dans la bonne veine, juste bien dans l'axe du poisson mobile.

Puis c'est la bonne. Pendant un très court instant, le poisson cesse tout mouvent, traduisant qu'il a vu quelque chose. Il entame alors une remontée en direction de la surface. Le temps se ralentit, le rythme cardiaque s'accélère.

Arrivée à quelques centimètres de l'imitation, dame fario s'arrête et se laisse dériver.

Elle prend son temps pour scruter la moindre supercherie.

La respiration du pêcheur est maintenant suspendue, tout comme le temps d'ailleurs. Une pause interminable. Le son s'échappant de la rivière, le chant des oiseaux semblent s'être arrêtés. La concentration est à son paroxysme. Le pêcheur, la mouche et le poisson, comme si ces trois éléments ne faisait plus qu'un.

Puis le coup de queue salvateur, le museau crève lentement la surface. Dans un remous, l'imitation est engloutie.

Puis tout va très vite. Chacun reprend sa place. La truite joue le tout pour le tout, abattant toutes les cartes de son jeu. A l'autre bout, le pêcheur gère la situation, au cas par cas.

Tout s'accélère pour revenir à la normale qu'une fois que le poisson repose au fond de l'épuisette pour une dernière contemplation avant de repartir dans son élément.

C'est un peu comme si ces moments d'intenses émotions remettent en cause la notion de temps absolu. Dans ces cas là, elle est plaisante la loi de la relativité!

Sur ce, je vous laisse avec ces quelques citations d'Albert E. :

- La joie de contempler et de comprendre, voilà le langage que me porte la nature.

- En apparence, la vie n'a aucun sens, et pourtant, il est impossible qu'il n'y en ait pas un.

- Il n'y a que deux façons de vivre sa vie : l'une en faisant comme si rien n'était un miracle, l'autre en faisant comme si tout était un miracle.

- Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui les regardent sans rien faire.

Et pis c'est tout...

Rédigé par Gaël DELORME

Publié dans #peche

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